carte postale de Shanghai

« Billet d’où » de septembre : carte postale de ShanghaiShanghai by night


Fin des vacances : que reste-t-il de vos voyages et découvertes ? Des centaines de photos certainement, les appareils numériques offrant sans retenue une quantité de clichés … que l’on regarde ensuite rarement.

Quelques cartes postales ? Combien en avez-vous reçues ou envoyées durant l’été ?

Petite réflexion sur l’usage, chose banale, de la carte postale.

J’aime en écrire et en recevoir ; en juillet depuis la Bretagne j’en ai expédié une vingtaine.

Et je goûte l’arrivée de ces vues de tous les bouts du monde dont j’apprécie autant le recto que le verso …

Ma fille se livre également en voyage à cet «  échange  épistolaire abrégé ». Sauf que, chose moins banale, elle se trouve actuellement à Shanghai. Et s’est aperçue que cette pratique est beaucoup moins courante en Chine que chez nous. Ce n’est qu’après des heures d’exploration qu’elle a pu en dénicher, à un prix conséquent, dans ce qui reste de «  vieille ville », un tantinet touristique. Les Français qui y vivent ont renoncé à en chercher, d’autant que la quête de timbres ( également très coûteux ) est aussi aventureuse…

En ce qui concerne les Chinois, il est clair qu’ils n’en envoient pas : ce n’est pas dans leur culture . De plus, étant passés directement du Moyen-Age à la technologie de pointe ( à Shanghai presque tout le monde possède un i-phone et Internet), pourquoi feraient-ils des efforts pour acheter des rectangles colorés alors qu’ils peuvent envoyer photos et textos illico ?

Nous avions fait le même constat en Inde : presque impossible de trouver des cartes postales à part sur les sites les plus visités. Donc l’usage de la « carte de voyage » serait plutôt européen ?

Et de quelle motivation part cet envoi ? Faire partager à l’entourage son émotion face à un lieu remarquable ?  S’amuser de la concision obligée du message ( en vacances on a mieux à faire qu’écrire longuement ) ? Renouer un lien avec ceux que l’on néglige le reste de l’année ? Cela ne dénote-il pas, selon ma fille, un certain  « étalage d’orgueil » signifiant «  regardez, c’est là que JE suis allé » ?

Que devient la carte reçue ? Elle trône sur le frigo pendant des mois ou illumine le mur d’un bureau, rappel du soleil aux jours gris …

Le charme désuet de ces souvenirs  « que l’on met dans l’album à cause des photographies » est évoqué dans ce texte d’Aragon que chante Yves Montand «  je me souviens ». Mais aujourd’hui qui fait encore des albums-photos de vacances ? Ne sommes-nous pas devenus, avec les  « outils modernes de la communication » de plus en plus expéditifs et peu enclins à conserver ? Comme les Chinois, nous envoyons le plus souvent, avec le même appareil, la photo et la courte légende qui attesteront que là, à cet instant précis, nous avons pensé un instant au destinataire …

Nouveaux modes d’écriture, moyens « technologisés », autres comportements …

Si le sujet vous intéresse, vous trouverez matière à réflexion dans ce passionnant ( très récent et un peu ardu ) ouvrage du philosophe Jean-Claude Monod : « écrire à l’heure du tout-message » ( édition Flammarion). Il analyse les formes banales de l’écrit et interroge ce que veut dire «  s’adresser à autrui » à l’heure où la communication parait de plus en plus vide …
En tout cas, dans ma boite à lettres il n’y a eu cet été qu’une seule carte…  celle de Shanghai qui n’a  mis  finalement que 10 jours, mais, pour certains, 10 jours, cela parait très long …

Voilà peut-être ce que nous mettons à l’épreuve dans les «  envois immédiats » : la patience !

 

Post card from Shanghai

This is the end of the holidays : what remains from your trips and discoveries ? Certainely thousands of photos, as digital cameras allow quantities of  pictures  that we seldom view later…

A few post cards ? How many did you get or send during the summer ?

Reflexion about the ordinary use of post cards.

I like writing and receiving some ; in July I sent about twenty cards from Brittany. And I enjoy both sides of these views from all over the world .

My daughter, when travelling, also practices this “ short writing exchanging”. But what is unusual  is that at the moment she is living in Shanghai and she has observed that this  is much less practiced in China than “at home”. After hours of rambling in the somehow touristic “old city” she eventually found some cards at a very expensive price.
The French people who live in Shanghai do no longer
try to buy some and moreover stamps (very expensive ) are difficult to find.

As far as Chinese people are concerned they finally do not send them, it is not part of their culture. Moreover as they have directly moved from Middle Ages to High Tech (in Shanghai nearly everybody owns an i-phone or Internet ) why would they make efforts to buy these colourful rectangular pieces of paper when they can send photos and SMS straightaway ?

We made the same observation in India : it was almost impossible to find post cards except on the most touristic sites. So the use of “ travelling card” would be rather European ?

What motives this practice ? Sharing our emotion in a remarkable site with our beloved ?

Having fun of the inevitable conciseness of the message (on holidays we have better to do than  writing  for a long time)? Retie a link with those that we neglect the rest of the year? Does not it denote, according to my daughter, certain  display of « significant pride” meaning “ look, it is there that I went « ?

What happens to the card you’ve received ? It dwells above the fridge for months or enlights the office reminding us of sun on dull days ?

The old-fashioned charm of these souvenirs  « that we stick in the album because of the photographies “is evoked in a text written by Aragon that Yves Montand was singing«  je me souviens ». But nowadays who still makes photos-albums of holidays ? Have we not become with the « modern tools of communication » quicker and quicker  and less  prone to keep things ? Like Chinese people we often send, with the same device, the photo and the short caption which will testify that at this very moment we were thinking of the receiver.

New ways of writing, “technologized” means, other behaviours …

If you are interested in this topic you will find matter in the fascinating and very recent essay by the philosophe Jean-Claude Monod : « écrire à l’heure du tout-message » ( édition Flammarion).He analyses the usual forms of writings and questions what “ address someone “ means at a time when communication seems more and more empty.

In any case, there has been  only one post card this summer in by letter box … the one from Shanghai which only took 10 days … but for some people, 10 days are a long time…

Finally this is certainly what we challenge in the “ immediate sending” : patience !

 

 

 

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